Zampacavallo et les esprits de la nuit

De Marie-Christophe Ruata-Arn

Gallimard jeunesse – avril 2012

Agostino court très vite sur des jambes fluettes : on le surnomme Zampacavallo, « jambes de cheval ». Une nuit de pleine lune, il se retrouve dans un cimetière, à cause d’un pari stupide pour impressionner la jolie Angelina. Vous serez à peine étonnés d’apprendre qu’Agostino se retrouve coincé entre les morts revenus à la vie, et que, brusquement, il se transforme en… centaure, torse d’homme et postérieur équin. L’opération est réversible, mais pas maîtrisable. Agostino finit par considérer ce nouveau pouvoir sous un jour favorable : passées quelques frayeurs, il va découvrir la face cachée d’un adulte acariâtre, sauver un ami d’un monstre, sa grand-mère d’une mort annoncée, réconcilier ses parents et se venger de deux copains qui l’avaient mis à l’écart.

Après son histoire initiale et incontournable dans le cimetière, le roman se découpe en petites nouvelles qui toutes jouent du caractère fabuleux du héros, mais peuvent se lire indépendamment, à travers la voix d’un narrateur externe. Ce choix intelligent permet de ne pas décourager les jeunes lecteurs, et encore de créer un effet de progression, à la façon d’un conte et d’épreuves initiatiques qu’Agostino suivrait. De petit garçon irresponsable voire méchant (il a empoisonné le chien de sa voisine), il devient sensible, ouvert à tout ce qui n’est pas visible – aussi bien d’un point de vue fantastique que psychologique. L’ambiance lente et étrange dans la plaine du Pô et ses rizières, au milieu d’un village qu’on pressent excentrique, ainsi que l’écriture bienveillante, attentive mais un peu froide constituent deux arrière-plans originaux qui font qu’on lit l’ouvrage très facilement, intrigué, étonné tout du long. Un roman pour les 10-12 ans vraiment pas comme les autres !

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