Les Nouveaux Micropouvoirs de Ferdinand

D’Hélèna Villovitch

Ecole des Loisirs – collection Neuf – avril 2012 

Je n'ai pas lu le premier tome, Ferdinand et ses micropouvoirs, mais cela ne m'a absolument pas empêchée d'adopter illico presto le petit Ferdinand, orphelin élevé par son grand-père Thierry et en mal de stabilité. A peine vient-il d'apprivoiser sa nouvelle école et de se faire des amis (Babouche, Gaufrette), voire une potentielle petite copine (Zibeline), que Thierry décide de déménager... en Amérique ! Aidé de ses petits pouvoirs fantastiques, Ferdinand convainc Thierry de le faire garder par Céline, sa fiancée. Mais voilà que Céline a l'appendicite. Ferdinand se retrouve seul dans la rue. Ses pas croisent alors ceux de Zibeline, dont la vie va se révéler bien plus compliquée qu'il ne l'imaginait : la petite fille modèle habite seule une maison en ruines... Ferdinand va tout mettre en œuvre pour aider sa dulcinée. 

Un peu de fantaisie dans le quotidien ! Si le narrateur Ferdinand a bien des pouvoirs magiques, ils s'insèrent avec tellement de naturel dans le récit qu'on finit par ne presque plus les voir. Le ton est tendre, optimiste, l'écriture simple et volontiers dialoguée. De fait, Héléna Villovitch a trouvé par là le moyen idéal de parler de faits de société graves aux jeunes lecteurs : il est en effet question d'abandon ou de négligence par les parents, de relations compliquées dans la famille... Aucun des jeunes héros ne parviendra à réenchanter sa vie – les micropouvoirs, ça a des limites -, mais l'histoire aura au moins prouvé l'importance des valeurs de solidarité et de générosité envers l'autre : que du classique dans l'idée, mais enrobé de beaucoup d'originalité, presque du doux déjanté. J'ai été enthousiasmée par ce roman qui sait dire l'amertume de façon sucrée, et je l'aurais même vu en première lecture, avec quelques coupes dans la narration et des illustrations (Magali Bonniol?). A la dernière page, on a presque envie de crier : « Courage, Ferdinand ! » 

L'avis de Clarabel

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Trop mignon :

« Le lendemain, je me suis réveillé avec, comme tous les matins, le visage de Zibeline imprimé à l’intérieur de mes paupières. Mais dès que j’ai ouvert les yeux, la sinistre réalité est revenue à mon esprit. J’allais m’envoler à des milliers de kilomètres d’ici et ne plus jamais revoir celle que j’aimais. Ou bien je ne reviendrais que dans de très nombreuses années, et je serais devenu complètement américain. Je ne comprendrais plus le français, je ne m’exprimerais plus que comme les personnages des séries télé. Quant à Zibeline, elle serait sûrement mariée. Ou alors, elle serait devenue une actrice extrêmement célèbre et je ne pourrais même plus approcher de la loge du théâtre où elle trônerait au milieu d’énormes bouquets de fleurs. » (p. 33-34)