Will Gallows tome 1, Duel dans la mine

De Derek Keilty

Illustré par Jonny Duddle

Traduit de l’anglais (Irlande) par Sarah Tardy

Albin Michel jeunesse – collection Witty – mai 2012

Le jeune Will Gallows veut venger la mort de son père, sheriff adjoint d’Oretown, une petite ville perchée sur la Roche du Grand Ouest. Ce dernier a disparu brutalement dans un combat contre un troll à panse-de-serpent, désormais recherché activement. Will Gallows abandonne sa grand-mère elfe, et part dans les mines de Deadrock à la poursuite de son ennemi, qu’il veut non pas tuer, mais ramener à Oretown pour qu’il soit jugé. La mission sera difficile, et Will aura bien besoin de l’aide de sa jument ailée Moonshine, d’une petite naine et de quelques fantômes…

D’ordinaire, on mêle les petits être mythiques et leurs pouvoirs, bref la fantasy, avec un univers moyen-âgeux des plus sépulcraux et mystérieux. Derek Keilty pulvérise ce lieu commun, et nous propulse au temps de la Ruée vers l’or, dans un décor d’opérette : une grosse roche en forme de cactus, au milieu du désert. Mais tout est considéré par le narrateur externe avec beaucoup de sérieux, et on adopte vite le petit héros aux grandes valeurs ainsi que son environnement de western. Will est gentil, attentif, serviable, et surtout il a une haute idée de la justice et de la tolérance. Evidemment, il fait tâche dans le monde dur des mines et des fraudes financières qu’elles cachent. Mais peu importe, il mène son petit bonhomme de chemin sans se laisser perturber. Il y a toutes les scènes de genre : poursuite sur le haut d’un wagon de train lancé à pleine vitesse, partie de poker suivi d’un règlement de comptes, enfermement au fond d’un filon éteint… Mille et une façons de frissonner sans risques, puisque Will semble définitivement né sous une bonne étoile, à moins qu’il n’ait provoqué lui-même sa chance, à force de se faire des amis quand il faut. Dès lors, on le voit bien continuer sa carrière de justicier !

Ecrit sur un rythme musclé, avec beaucoup d’humour (Moonshine est irrésistible), le roman comprend encore de nombreuses illustrations. Et là, j’ai été un peu déçue : tout droit sorties des années 80, elles m’ont fait penser à ces fameux livres de poche « dont vous êtes le héros »… Certes, elles sont habiles et amusantes aussi, mais je ne les ai pas trouvées complètement dans le ton du roman. Ceci dit, il suffit de les laisser de côté pour sauter à pieds joints dans le monde coloré et violent de Will. Et ça, je vous le conseille vivement !

gallows