Aventuriers malgré eux, tome 1 : 1 Yack, 2 yétis, 3 explorateurs

De C. Alexander London

Traduit de l’américain par Valérie Le Plouhinec

Les Grandes Personnes – mars 2012 

Comment survivre quand on a deux parents explorateurs, dont un (la mère) disparu en pleine quête des tablettes du catalogue de la bibliothèque d’Alexandrie, et que son rêve le plus profond est de passer ses journées sur le canapé à regarder la télévision, câblée si possible ? C’est le drame de la vie de Celia et Oliver Nombril, jumeaux sans cesse contrariés dans leurs aspirations. Cette fois-ci, il s’agit de partir au Tibet en compagnie de leur père et sur les traces de leur mère, afin de déjouer un défi posé par un explorateur sans scrupules. Très vite, le père est mis hors course, presque empoisonné par d’horribles sorcières. Armés de toute leur culture du petit écran – Celia est fan de séries sentimentales, Oliver adore la télé-réalité -, les jumeaux vont affronter mille dangers et démontrer que si, si, regarder la télé est bon pour la santé.

Irrésistible de drôlerie, ce premier tome nous emmène dans des aventures dignes de la série télévisée la plus échevelée : largage d’un avion en vol, dérive à travers des chutes d’eaux titanesques, crapahutage dans les montagnes tibétaines, sauvetage à dos de yak... Tout se joue en parallèles et paradoxes entre la réalité (du roman) et la fiction (des écrans) qui se confondent sans cesse ; l’auteur, à travers la voix de son narrateur externe faussement neutre, finit par nous interroger. La culture très grand public, qui prend en compte l’humain et l’imprévu, n’est-elle pas radicalement une meilleure école que l’élitisme intellectuel, symbolisé par le père complètement déphasé ? Evidemment, nous sommes toujours sur un mode humoristique qui relativise le propos, mais quand même ! Les opinions courantes les plus tenaces sont mises à mal, et même la tribu des sorcières empoisonneuses au find fond du Tibet connaît son Télé Guide par coeur. 

Derrière ce ton à la fois provocateur et bon enfant, C. Alexander London n’oublie pas la psychologie de ses deux petits héros - que rien ne semble toucher hors la rediffusion de « L’Amour a 30 000 pieds » -. S’humanisant au fil du roman, ils sont au fond malheureux sans leur mère et assez fiers de leur père, même s’ils ne l’avoueront jamais. Dès lors, une seule crainte : qu’ils perdent de leur caractère casse-pieds dans le second tome de ces désopilantes aventures ! Réjouissant à partir de 10-11 ans.

aventuriers

                                                                                      Et super couverture de François Roca !