Ondine - Benjamin Lacombe
Ondine
de Benjamin Lacombe
Albin Michel jeunesse - avril 2012
Connaissez-vous l'histoire d'Ondine ? Issue du romantisme allemand, elle raconte l'amour impossible entre un preux chevalier et une jolie nymphe des eaux. Malgré tous ses efforts, la belle ne parviendra pas à devenir humaine, à posséder une âme, et elle retournera à sa condition aquatique. C'est cruel, c'est beau, c'est tragique.
L'univers à la fois merveilleux et sombre de Benjamin Lacombe s'accorde parfaitement à cette intrigue flamboyante. Peintre de la minutie qui en devient évidente, il nous entortille dans les rets des longs cheveux roux de la belle Ondine. Sensuelle, la fée garde toujours son petit air mutin, soufflant la nuance sur ce que dit le texte à propos de son innocence. Beaucoup plus figée, Ursule donne plus facilement à deviner son caractère, mais c'est alors l'intrigue qui la réhabilite. Les images ne cessent de suggérer, d'insinuer et de nous faire glisser d'une émotion à une autre, tandis que le jeu de calques d'une Ondine s'enfonçant dans les eaux imagine encore et encore le mouvement, celui du temps qui passe et efface...
La disposition dans la page est classique, mais l'histoire est tellement forte, les peintures tellement riches que Benjamin Lacombe réalise une fusion immédiate entre ce qui est dit et ce qui est montré. Tout se passe comme si le féroce conte d'Ondine n'attendait plus que lui...
Si l'auteur dit s'être inspiré librement du préraphaélisme et que les techniques ne sont pas les mêmes, je n'ai pas pu m'empêcher de comparer ce très bel album à un autre, La Colère de Banshee, écrit par Jean-François Chabas et illustré par David Sala. Même atmosphère fantastique, même héroïne fantasque...
Fantasia non plus n'a pas boudé son plaisir, et vous propose quelques photos (pour une fois prises en journée, donc pas trop moches), afin de vous allécher :
A la manière d'un papier peint du XIXème, les belles pages de garde présentent des petites Ondine répétées mille fois...
13/20