La Leçon de pêche

de Heinrich Böll

illustré par Emile Bravo

P'tit Glénat – collection Vitamine – mars 2012

coeur

Dans un petit port de pêche, un vieux moussaillon (il a des airs de capitaine Haddock) fait la sieste au fond de sa petite barque. Un touriste arrive et l'interroge : pourquoi n'est-il pas en mer ? Le pêcheur explique qu'il a suffisamment pris de poissons et de crustacés pour quelques jours. D'abord décontenancé, le touriste commence alors une explication enthousiaste : si le pêcheur allait plusieurs fois par jour poser ses filets, il gagnerait plus d'argent, pourrait investir dans un meilleur bateau, puis une flotte, puis transformer lui-même son poisson, ouvrir un restaurant, etc, etc. Notre Haddock l'écoute les yeux ronds. Puis lui demande le but ultime de toute cette agitation. D'après son interlocuteur, il s'agirait de pouvoir se reposer au soleil du port. Ce que faisait déjà le pêcheur avant que le touriste n'arrive...

Caustique, la démonstration est explicite, opposant le capitalisme à une certaine forme non pas de nonchalance, mais de bien vivre le temps présent : le bonheur ? De bout en bout, l'hirsute loup de mer domine le fébrile petit touriste (dans l'image, il ressemble à un Tintin vieilli...). Le lecteur comprend vite où Heinrich Böll veut en venir, et se réjouit d'avance, essayant d'anticiper la chute. Les cases de bande dessinée et le dessin bonhomme aux couleurs vives d'Emile Bravo achèvent de donner un aspect très souriant à l'ensemble. Il n'en est pas vraiment question ici, mais on pourrait aussi penser à l'attitude écologique du pêcheur, qui ne prend que ce dont il a besoin dans son environnement. L'album rappellerait alors Bonne Pêche de Thierry Dedieu (Seuil jeunesse, 2009) : mêmes couleurs primaires, même homme sage qui cherche à préserver son outil de travail, à savoir la nature...

A noter : n'oubliez pas d'enlever et d'observer le verso de la jaquette...

 

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11/20