Bye bye crazy girl

De Joe Schreiber

Traduit de l’américain par Yves Sarda

Le Martinière jeunesse – collection Fiction J – février 2012

La famille de Perry accueille pour un an une étudiante lituanienne, Gobija. D'abord très déçu de ne pas trouver la jeune fille pulpeuse à laquelle il s'attendait, Perry, fils de bonne famille, reste serviable et courtois. Jusqu'à accompagner Gobija au bal de fin d'année du lycée à la place d'un concert programmé de longue date avec son groupe de rock. Il s'attend à une soirée plan-plan, mais la nuit sera longue et violente. Gobija se révèle en effet être une véritable machine à tuer, prête à tout pour se venger d'une sombre histoire familiale : elle a prévu d'éliminer cinq personnes.

Ce pourrait être un pur roman d'aventures tendance mafia, et d'ailleurs ça l'est. Mais, raconté par un Perry complètement perdu, le récit prend de la saveur et beaucoup de drôlerie ; on oublie son caractère légèrement répétitif grâce aux catastrophes déclenchées par cet anti-héros. Paradoxalement (il y a quand même du sang partout), cela reste donc léger , très visuel. Les droits ont d'ailleurs tout de suite été achetés en vue d'un film...

Présenté comme un mémoire de candidature à Columbia, le livre m'a aussi fait entrevoir un aspect étonnant de la vie universitaire américaine : chaque titre de chapitre est – soit-disant, mais j'y ai cru – tiré des épreuves d'admission à différentes facultés. Les exemples ci-dessous confirment que les Etats-Unis sont bien davantage centré sur la personne et non les connaissances. Très intéressant !

Ce faisant, le roman va aussi être l'occasion pour Perry de s'affirmer dans ses choix de vie par rapport à ses parents. La nuit passée avec Gobija l'aura transformé de manière tout à fait inattendue, mais certaine. Bref, Bye bye crazy girl est, par excellence, le roman facile qui prend quand même la peine de creuser plus loin et de nous parler d'adolescence.

A lire aussi : Mon Père est un parrain de Gordon Korman. Même ton comique pour parler de la violence organisée !

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Petit florilège des têtes de chapitres :

Décrivez une expérience ou une réussite significatives et l’effet qu’elle a eu sur vous (Université d’Harvard)

Sartre a dit : « L’Enfer, c’est les autres. » Barbra Streisand a chanté : « People who need people are the luckiest people in the world. » Avec lequel des deux êtes-vous d’accord ? (Amherst College)

Vous venez d’écrire une autobiographie de 300 pages. Envoyez-nous la page 217. (Université de Pennsylvanie)

Où vous voyez-vous dans dix ans ? (Université Rutgers)

Joignez une petite photo de quelque chose qui vous tient à cœur et expliquez sa signification. (Université Stanford)

En quoi l’histoire de votre famille, sa culture ou son environnement ont-ils influencé ce que vous êtes ? (Université de Floride)