Ma Tata Thérèse

de Fabrice Nicolino

illustré par Catherine Meurisse

Sarbacane – janvier 2012

 coup de coeur

Fabrice Nicolino était petit garçon dans les années 1960. Il allait souvent passer des journées chez sa tata Thérèse, dans un minuscule HLM parisien. Amie absolus des animaux de tous poils et plumes, la vieille dame entretenait une véritable ménagerie : chats, chiens, oiseaux et rongeurs, mais encore agneau, fennecs et singe... En de courts chapitres adressés directement au lecteur (« tu »), l'auteur se souvient et raconte des anecdotes troussées avec amour et sincérité. Les illustrations rigolotes, rappelant vaguement Quentin Blake, ponctuent avec bonheur les textes.

Tata Thérèse, Fabrice n'a jamais admis sa disparition, et encore aujourd'hui, elle l'empêche de manger du faisan (elle en gardait un vivant dans ses toilettes). Les petites scènes peuvent se lire à un premier degré très drôle – du moineau qui attrape l'asticot dans la bouche de Thérèse au chien bluffé par la voix du perroquet – et/ou à un second degré empreint de nostalgie. Dans tous les cas, les animaux ont la vedette, suivis de peu par la truculente et généreuse tata. On a la drôle d'impression que Fabrice Nicolino n'a retenu qu'elle de toute son enfance : il parle très peu de son frère, son tonton ou ses copains. Mais il est vrai qu'ils ne sont pas forcément le sujet du livre.

Evidemment, Fantasia a eu un gros coup de cœur, un poil subjectif mais bien mérité. Mention spéciale aux fennecs à longues oreilles.

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« Ma tante aimait aussi les fennecs. Si tu ne sais pas ce que c'est, apprends qu'un fennec est un renard du désert. Grosso modo. Quand il n'échoue pas dans l'appartement de Thérèse, il habite normalement dans le nord de l'Afrique. Il pèse comme un sac de plumes, pas plus. Avec d'immenses oreilles par lesquelles il évacue la chaleur et une très longue queue touffue. Ma tante a eu au moins trois fennecs chez elle. […] Ils vivaient dans la cuisine, au milieu des chats. » (p. 21)