La Nuit du loup vert

de Viviane Moore

Flammarion – collection Flammarion jeunesse – janvier 2012

 

1151. Près de l'abbaye de Jumièges, la Saint-Jean est l'occasion d'une belle fête aux accents païens, au cours de laquelle on fait semblant de brûler un homme déguisé en loup. Cette année, des morts brutales (des hommes, mais aussi un troupeau entier de vaches) laissent des cadavres mutilés à coups de griffes. Sire Raoul et son écuyer Michel de Gallardon, voyageurs de passage, aident l'abbé et le doyen du village à mener l'enquête.

Quelle douce joie (pour l'amatrice que je suis) de se glisser dans les pages d'un bon roman historique avec son intrigue policière qui ramène le fantastique à de l'humain, ses frissons plus ou moins apparentés à la dureté des temps, son histoire d'amour qui ne vire pas à la prise de tête. Comme l'intrigue se passe dans une abbaye, on pense à Frère Cadfael. Le narrateur Michel, lui, s'apparenterait au type d'un Adso du Nom de la Rose : vif et intelligent, ayant encore beaucoup à apprendre d'un maître aussi taciturne et atypique que juste. Mais le roman se centre davantage sur une histoire que des personnages et un quotidien. Le déroulement linéaire de l'action laisse la place à différents points de vue, ce qui fait que le lecteur en sait souvent plus que les héros eux-mêmes. Pas énormément, mais suffisamment pour que des soupçons s'installent, ravivant la curiosité. Dans la lignée plus adulte d'une Brisou-Pellen ou d'une Jacqueline Mirande, Viviane Moore offre un Moyen-Age dur voire sanglant. J'ai personnellement apprécié ce classicisme impeccable, à faire découvrir aux jeunes lecteurs à partir de 11 ans.

IMG_6459