Les Histoires des sept corbeaux racontées dans le monde

par Fabienne Morel et Gilles Bizouerne

illustré par Marie Caudry

Syros – collection Le Tour du monde d'un conte – septembre 2011

16,50 euros 

J'adore cette collection qui propose différentes versions racontées dans le monde d'un même conte. Et puis, je ne connaissais pas, ou je ne me rappelais plus Les sept Corbeaux, faisant pourtant partie des écrits des Grimm. Une structure générique de ce conte a été identifiée par les chercheurs, et son titre international est « la petite fille qui cherche ses frères ». Dès lors qu'on connaît sa base, on n'a plus qu'à s'amuser à trouver les différences entre les contes rassemblés, et à en tirer, à tort ou à raison mais toujours avec plaisir, des enseignements sur les cultures dont ils émanent.

Soit un couple avec de nombreux fils (entre quatre et douze) mais sans fille. Lorsque la mère accouche enfin d'une petite fille, les frères s'en vont, par peur de ne plus être aimés, parce qu'ils font ombrage à l'héritage... En grandissant, la sœur apprend l'existence de ces frères et elle part à leur recherche. Elle les retrouve, les aide dans les tâches ménagères et ils l'adoptent. Jusqu'à ce qu'elle épouse un fils de roi et que cela n'attise des jalousies diverses. Les frères sont transformés en animaux (corbeaux ou moutons, canards, cochons, cerfs ou autres) initialement ou donc par le truchement d'un méchant, le tout est que la sœur (ou son mari le roi) les reconnaisse au bon moment. Ils retrouveront ou non leur forme humaine. La sœur parvient elle toujours à reformer son couple, avec un bébé.

L'histoire norvégienne au coin du feu est assez sanglante (avec du sang de nourrisson), tandis que la vendéenne propose juste un jeté de femme dans le puits... L'histoire marocaine montre une société inégalitaire, tendue. La canadienne évoque un monde d'en haut dont on ne sait s'il est paradis ou punition, etc, etc. Les fils habitent une isba ou une hutte, ou vivent sur une place avec fontaine (Italie). La fille porte des mocassins (Canada) ou un foulard sur la tête (Maroc). On se régale à comparer, on choisit son conte préféré, on imagine les enfants de tous les pays les écouter et en imprégner leur imaginaire... Les illustrations en peinture de ce recueil réhaussent le texte et s'adaptent aux environnements, créant elles aussi une continuité dans la différence. Que du bonheur !

A noter les explications finales, absolument passionnantes, qui donnent envie d'aller plus loin, par exemple sur le site de la collection.

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 Un-mot-des-titres

 

 

 

 

Cinquième participation au challenge

de Calypso... Cette fois-ci on est un peu

en avance, on préviendra Calypso le 15 janvier !