L'Enfant et la forêt

de Jean-Côme Noguès

Nathan jeunesse – collection Pleine lune – septembre 2011

5,95 euros

Quelques mois après l'histoire tragique du Faucon déniché, Martin rencontre un nouvel ami dans la forêt, le jeune Peirot, seul survivant de son village pillé. Las, le petit garçon est rattrapé par le seigneur Guilhem Arnal, et employé aux cuisines du château. Martin va l'aider à s'échapper...

Une bouffée de mon enfance m'est remontée aux narines ! Le Faucon Déniché, Le vœu du paon, autant de petits romans historiques empruntés à la bibliothèque et aussi dévorés. C'est dire mon plaisir à retrouver Martin, son univers moyen-âgeux au parfum de liberté malgré son statut de serf, et aussi la langue si solide, châtiée tout en sachant rester simple de Jean-Côme Noguès. Avec lui, on ne découvre pas le Moyen-Age, on le vit. L'histoire de L'Enfant et la forêt peut se lire seule, mais s'apprécie d'autant mieux qu'on connaît Le Faucon déniché. En effet, le parallèle se fait immédiatement entre le faucon et Peirot, tous les deux apprivoisés peu à peu, et à la fin presque commune. Un peu triste mais pas trop, sans doute plus léger que Le Faucon, le roman se déguste, en tant qu'adulte, comme une madeleine. Pour des jeunes lecteurs (à partir de 9 ans), il sera une suite idéale, bien loin des chevaliers certes, mais si proche de la nature...

enfant foret

 

« Dans la grande salle au sol jonché de foin et de fleurs des champs, on dévorait. Solidement, avec un entrain campagnard qui ne s'embarrassait pas de prévenances ni autres minauderies. On arrachait d'une main ferme les cuisses des perdrix, on les déchirait à belles dents, entre deux vantardises ou propos égrillards,en hommes d'arme qu'on était. Et puis on se souvenait que les dames grignotaient une aile de bécasseau. On redevenait courtois, on reprenait des paroles de troubadour, et on déposait un morceau délicat sur le tranchoir de celle qu'on avait à sa droite. La dame remerciait avec une confusion étudiée ou, pour d'autres, une repartie aussi leste que vigoureuse, qui rendait le chevalier servant pantois avant de provoquer un rire d'ogre remis en appétit. » (p. 120)