L’autre Moitié de moi-même

D’Anne-Laure Bondoux

Bayard – novembre 2011

13,90 euros 

Anne-Laure Bondoux le dit, l’autobiographie n’est pas un exercice facile. Elle n’y est venue que par l’enchaînement de circonstances complexes : ruptures (au pluriel) familiales, incapacité à se projeter dans une nouvelle fiction, rencontre enfin décisive avec une petite silhouette du passé. Et même en cours d’écriture, elle tergiverse, hésite à dire. Mais va jusqu’au bout de son entreprise, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Je craignais le nombrilisme d’un côté, le voyeurisme de l’autre. Il n’en est rien ; Anne-Laure Bondoux se dévoile avec humilité et réserve pudique. Elle a bien conscience de ne raconter qu’une vie parmi d’autres, à la fois banale et particulière. Le secret de famille y est traité avec une élégance simple qui émeut, et un sens de la construction évidemment emprunté aux romans.

Et puis, il y a la réflexion sur le travail de l’écrivain, toujours un mystère que je découvre avec curiosité, et ici inquiétude : oui, la page blanche peut terrasser. Ou faire renaître… Déjà époustouflante dans le roman chaleureux, Anne-Laure Bondoux affirme un nouveau statut, celui d'écrivain sensible de l’intime. C’est bien simple : je l’ai croisée à Montreuil, et, intimidée par ce qu’elle confiait dans ce livre, je n’ai pas osé aller la saluer… moitié

 « Je suis devenue écrivain comme on devient explorateur, ou archéologue. Je suis devenue écrivain pour plonger dans les abysses, à la recherche de ce qui n’a pas de nom. Je suis devenue écrivain pour nommer les fantômes. » (p. 191)

 

Une interview d'Anne-Laure Bondoux à l'occasion de la publication de son livre : 


Interview Anne-Laure Bondoux : L'autre moitié de... par Bayard_Editions