Blood Magic

De Tessa Gratton

Traduit de l’américain par Anne-Judith Descombey

La Martinière – collection Fiction J – novembre 2011

14,90 euros

 

Alors que les parents de Silla viennent de décéder de façon brutalement sanglante, la jeune fille récupère un petit livre de sortilèges et découvre que son père était un sorcier. Elle-même, ainsi que son frère Reese, possèdent des dons de magicien grâce à leur sang. Difficile à assumer dans cette petite ville de province où tout le monde se connaît. Seul Nicholas, nouveau venu bientôt amoureux de Silla, élevé par ailleurs dans la magie, va aider la sœur et le frère à démêler le mystère de la disparition de leurs parents. Et pour cela, ils devront convoquer le passé, le phénomène de possession et l’immortalité.

Bon, déjà, il y a certes du sang, mais pas de vampires. On en reste à la bonne vieille magie noire, et… ça fait du bien. Ensuite, Tessa Gratton ne lésine pas d’une part sur le dramatique, d’autre part sur la violence morbide (on sacrifie même des chatons !). A la limite de l’écoeurement, mais on ne peut pas parler d’ambiance malsaine : au fond, Silla n’aspire qu’à vivre, aimer, s’épanouir. Franchement, les événements ne la gâtent pas, et on a envie de dire « la pauvre »…

L’inclusion régulière d’extraits d’un journal commencé en 1900 fait que le lecteur en sait plus que les héros (alternance des voix de Silla et de Nicholas), et, du coup, la révélation un peu rapide de l’identité de la méchante ne choque pas trop. De toute façon, si on était déçus, un rebondissement épouvantable nous attend quelques pages plus loin.

L’amour entre les deux personnages principaux est un peu gnan-gnan (il l’appelle « bébé »), ou du moins infantilise/fragilise Silla. L’écriture ne brille pas par sa qualité ou son inventivité, mais enfin, bon gré mal gré, Blood Magic compose une lectureà base de poussées d’adrénaline très accaparante. Le tome est a priori unique.

blood magic

 

L’amour dans les champs : « Alors que nous avancions dans le pâturage de Mr Meroon en faisant attention aux bouses, je continuais à regarder Nick de temps à autre. J’avais envie d’empoigner encore ses cheveux, de glisser mes doigts dedans et de l’embrasser. » (p. 128)