Le Prince de la brume

De Carlos Ruiz Zafon

Traduit de l’espagnol par François Maspero

Pocket jeunesse – novembre 2011

18 euros

 

1943, Angleterre. La famille Carver déménage dans un petit village maritime, à l’écart des ravages de la guerre. Mais pas des vicissitudes de ce monde, puisque la maison où habitent les Carver se ressent encore d’une tragédie survenue dix ans plus tôt : les précédents propriétaires y ont perdu leur unique enfant si longtemps désiré. Le jeune Max aimerait en apprendre davantage. Avec sa grande sœur Alice et son nouvel ami Roland, il explore les environs, à commencer par un cimetière de statues mouvantes...

Le roman date de 1992, traduit seulement aujourd’hui – avec parution en version littérature jeunesse et littérature générale – pour des raisons juridiques. Il s’appuie d’abord sur une trame claire, et un mystère bien identifié. Et puis, comme toujours chez cet auteur, ça part en vrille, ça foisonne et ça effraie. J’ai un peu de mal avec cette écriture baroque, mais dans ce cas précis, les pages coulent l’une après l’autre sans difficultés. Il faut dire que Zafon ne perd pas complètement le lecteur dans les méandres de son imaginaire. D’une part, il pose une intrigue fonctionnant avec des situations convenues du suspens (la maison est-elle hantée, quel secret recèlent ces vieux films…) et l’ancre derrière des repères historiques. D’autre part, il apparente la construction de son histoire à celle d’un conte – le classique pacte avec le diable – et il prend la peine de créer une fin claire et des explications satisfaisantes. J’avoue, ces conditions de lecture reposantes m’ont aidée à apprécier le style épique et l’atmosphère que je trouve outrée, bref l’univers d’un auteur au talent certain mais qui d’habitude ne parvient pas à toucher ma rationalité.

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