Personne ne bouge

D’Olivier Adam

Ecole des Loisirs – collection Medium – septembre 2011

9,80 euros

 

Ah, j'adore quand Olivier Adam écrit des petites histoires tous âges ! (Stratégiquement, Personne ne bouge n'appartient d'ailleurs à aucune des collections romans de l'Ecole des Loisirs). Chacun y trouve son bonheur, au niveau qu'il aura choisi.

Le narrateur Antoine habite avec ses parents au bord de la mer – on devine bien sûr l'Atlantique. Collégien moyen sans vraiment de copains, il adore nager, surfer, observer la faune et la flore maritimes. Mais un jour, sans prévenir, le temps s'arrête autour de lui. Loin de paniquer, Antoine se promène, effectue quelques transformations à son avantage. C'est plutôt plaisant, mais pas sans retombées : la belle Léa, qui l'a découvert en pyjama dans sa chambre, ne décolère tout d'abord pas. Mais bon gré mal gré, le jeune garçon va apprendre à apprécier ces moments perdus.

Voilà. C'est tout. Mais c'est génial ! Enfin un roman jeunesse qui n'a pas forcément un sens, un message, qui ne cherche pas non plus à multiplier les aventures et les rebondissements à effets. Personne ne bouge est une balade au son de l'océan, un secret juste dévoilé, un aveu amoureux original. Dans le même esprit, j'ai beaucoup pensé à La Nuit seule de Hanno (Thierry Magnier, 2009), autre ovni d'émotions à partir de trois fois rien. L'écriture est savoureuse, à hauteur d'enfant sensible et imaginatif, centrée sur un quotidien plutôt heureux. Antoine se livre à nous sans afféteries, avec le naturel d'un pré-ado qui ne fait encore que songer à s'envoler de sa maison.

A lire absolument, dans sa tête ou à voix haute (ça s'y prête), en guise de remonte-moral automnal !

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Extrait à faire dresser les poils de Fantasia :

« Dans le salon le chat lui non plus ne bougeait pas d’un poil. Il s’était figé en train de se lécher une patte, sa petite langue rose sortait de sa gueule. Je l’ai caressé pour voir, il était comme mort mais pas mort son poil était chaud même s’il ne respirait pas. » (p. 13)