Une Anglaise à bicyclette

De Didier Decoin

Stock – juin 2011

20,50 euros

 

Photographe, Jayson Flannery assiste au massacre des Indiens de Wounded Knee, en 1890. Il rentre en Angleterre désillusionné, et une petite orpheline dans les bras. Ehawee est rebaptisée Emily. Elle grandit, devient une belle jeune fille que Jayson épouse.

De ce livre, j’attendais une fresque flamboyante de la fin du XXème siècle, entre les Etats-Unis réglant abruptement la question des Indiens, et une Angleterre tout juste sortie de l’ère victorienne. L’époque est bien là, mais pas la flamboyance au sens strict du terme. On pourrait en fait parler de « fresque intimiste », car l’Histoire arrive à se dégager quasi-exclusivement des rapports entre quelques personnages, dans le cadre serré d’un petit village. La narration externe empêche toute focalisation sur un héros précis, et nous suivons tantôt Jayson le veuf sensuel, tantôt Emily la sage autant que sauvage jeune fille. La liberté de ce ménage atypique frappe, en un temps où les apparences prévalaient. Rien de neuf du côté des mœurs humaines, le feu couve toujours sous la glace jusqu’à la briser… La fin, variation autour de fées prétendument aperçues (l’affaire continue à faire couler de l’encre), ramène, décidément et finalement, la photographie au centre du roman. Avec tous les symboles que cet art draine : plongée dans l’âme, fixation d’un moment révolu… Une Anglaise à bicyclette est un roman que je ne voyais pas écrit ainsi, mais qui m’aura beaucoup plu à sa façon sobre et indirecte d’aborder des faits de société.


bicyclette 

 

A lire aussi :

L’Affaire de Road Hill House de Kate Summerscale (C. Bourgois, 2008), documentaire-fiction d'ailleurs cité dans le livre

Une Femme simple et honnête de Robert Goolrick (Anne Carrière, 2009)