Le Bouclier de Gergovie


de Gérard Streiff


Gulf Stream – collection Courants noirs – mai 2011


13,50 euros

 

Gergovie, 52 avant J-C. Les jumeaux Epona et Taranis, leur père forgeron essaient de vivre normalement en l'absence de la mère, disparue. L'arrivée de Vercingétorix et ses troupes poursuivis par César bouleversent la petite ville. Un siège s'installe. Les deux enfants, persuadés que leur mère fait partie des prisonniers du Romain, multiplient les incursions chez l'ennemi. Vercingétorix va tirer partie de leur témérité et les utiliser comme espions. A leurs risques et périls...

Le roman démarre tranquillement, menant en parallèle l'intrigue autour de la disparition de la mère, une plongée dans la vie quotidienne gauloise et un moment historique de l'histoire de la (future) France. De manière convenue mais efficace, on frissonne devant les jeux violents des enfants ou les dangers qu'ils prennent en s'approchant du Romain - entité considérée au singulier. Ce dernier est méchant, Vercingétorix est jeune et gentil. Un manichéisme tempéré par les scissions internes des tribus gauloises : les moustachus sont versatiles. De son regard distancié et pertinent, le personnage du palefrenier Apomatos exprime très bien ces faiblesses.

Bref, tout se déroule sans heurts romanesques, si je puis dire. Et puis intervient le Drame, justifiant alors pleinement l'emploi du narrateur externe et du présent d'urgence. Je n'ai pas vu venir cette trahison et elle m'a donné un bon coup de bouclier (arme gauloise favorite de Taranis). Brutalement, on passe de la gentille fiction à la réalité la plus dure. La fin arrive très vite, nous laissant seul face à... nos ancêtres. Un roman intelligent parfaitement adapté aux 11-13 ans.

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