Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret

de Sibylline, Capucine et Jérôme d'Aviau

Etincelle – septembre 2010

14,90 euros

Au milieu de la forêt, Alphonse Tabouret a poussé. Un Monsieur, immense et noir, lui a appris la vie et plein de tours de cirque. Et puis le Monsieur est parti. Alphonse s'est lancé à sa recherche. En chemin, il a rencontré plein d'amis et a trouvé son avenir.

Poésie, naïveté, grâce : Alphonse Tabouret est un enchanteur du quotidien. Derrière le merveilleux se cache une philosophie profonde, universelle. L'ouvrage fonctionne d'abord avec des jeux de langue, rien d'étonnant à ce que son propos soit tout en symboles. La forêt, c'est la vie, le chemin, c'est le sens. Et bien sûr, Alphonse ne se rend même pas compte qu'il le cherche : « Parce que le chagrin du vide de tout, il est difficile à consoler. Surtout quand y a personne. Et que ça, c'est ce qui manque le plus. Mais qu'on ne le sait pas vraiment. » (pp. 30-31).

Après avoir compris que son nouvel ami n'était que son reflet dans l'eau, Alphonse cherche un hobby comme une aiguille dans une botte de foin. Un temps, la petite humaine Pénélope l'occupera, mais la demoiselle est capricieuse : « Un jour, Pénélope est morte de satisfaction, étouffée. » (p. 100). Commencent alors des chassés-croisés avec Ide, Tesse et Goisse (respectivement vide, tristesse et angoisse). Les trois donnent bien du fil à retordre à notre petit bonhomme. Tout s'arrangera lorsque la jolie Lilili se manifestera, et quand Goisse rentrera dans le trou du ventre de Ide. Reste alors à apprendre à vivre ensemble ! « Peut-être que l'amour c'est trop compliqué, que ça serait plus fastoche d'apprendre à tricoter. » (p. 171).

Peut-on parler de bande dessinée ? C'est un travail à six mains : Sibylinne au scénario, Jérôme au dessin et Capucine au lettrage. Sur de belles pages crème, le livre offre de fins dessins noir et blanc à l'encre, et de beaux jeux d'ombres épurés. Texte et dialogue façon théâtre sont juste en dessous. Les deux composent inextricablement l'atmosphère fantaisiste et douce. Surréaliste, délicat, Alphonse Tabouret fait par certains aspects penser à un Hulot miniature...


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