Six Jours pour (sur)vivre

De Philip Webb

Traduit de l’anglais par Yves Sarda

De La Martinière – collection Fiction J – août 2011

13,90 euros

 

Dans un Londres futuriste gouvernée par l’armée russe, les habitants passent leurs journées à… détruire la ville, « excaver », dans le but de trouver un artefact, promesse de richesse, bonheur ou autre panacée. Cass ne discute pas trop la situation, mais son petit frère Wilbur a décidé de trouver l’artefact avant tout le monde, en récoltant des indices dans des vieilles bandes dessinées. Sa grande sœur le considère comme un doux dingue, jusqu’au jour où apparaissent Peyto et Erin. Venus d’un vaisseau spatial à moitié animal, les jeunes gens cherchent eux aussi l’artefact, qu’ils appellent farfaleur, afin de pouvoir continuer leur voyage.

 

C’est simple, classique, efficace. Un monde apocalyptique (presque ambiance Je suis une légende), de jeunes héros humains, des « extra-terrestres », une machine folle (clin d’œil à 2001 L’Odyssée de l’espace et son HAL paranoïaque), des conflits d’intérêt à différents niveaux… Philip Webb emprunte ses idées un peu partout, en rajoute aussi quelques personnelles : le mythe du super-héros, le vieil homme rendu fou par sa quête, par exemple.

 

La construction linéaire et l’histoire relativement univoque utilisent quelques découvertes du passé en tant qu’éléments décisifs de l’action (merci encore à 2001) ; la fin bien évidemment ouverte appelle à suite. Les personnages sont construits, il y a de l’émotion et des relations fortes, mais on évite le pathos amoureux au milieu de la bataille décisive. Bref, rien à dire, le roman est mené de main de maître.

 

La sincérité de l’auteur est palpable, l’écriture complètement portée par le projet narratif, et pourtant… on a malheureusement déjà lu Six Jours. C’est bien son seul tort, alors pourquoi pas, en guise de petite madeleine ?

 

6 jours