Samien, le voyage vers l’outremonde

De Colin Thibert

Thierry Magnier – février 2011

15,80 euros

 

Petit paysan orphelin d’une province du Sarancol, Samien prend la fuite vers des terres et des jours meilleurs. Direction Iskhion, la capitale, en compagnie de l’excellente conseillère Yonka, petite araignée sous le bonnet de Samien. Le chemin ne sera pas direct, entre brigands, caravaniers sur chenilles, pirates des mers et jolies filles échappées d’un mariage arrangé. Samien finit comme mousse sur un navire intersidéral, prêt à percer le mystère de ces hommes et femmes indigos qui le fascinent tant.

 

Attention classique ! Colin Thibert ne recherche absolument pas l’originalité dans ce roman de fantasy truffé d’aventures. Et c’est très bien comme cela. Tome unique, construction linéaire, narration externe au passé, personnages peu nombreux mais bien posés (que des garçons en première ligne), idée de quête initiatique, univers complet dans sa topographie et son fonctionnement social, fin claire qui résout tout : le lecteur n’est jamais perdu. L’araignée Yonka apporte l’indispensable touche fantaisiste ; il y a aussi de l’amour chaste et éternel…

 

Je m’attendais à un petit message écologiste, fréquent dans ce genre de gentils romans jeunesse. Mais une fois n’est pas coutume, la tonalité sera uniquement citoyenne – et pourtant, Samien fait des kilomètres dans des paysages très divers. Enfant malheureux, suffisamment raillé pour la couleur noire de sa peau, Samien s’élève peu à peu contre toute forme de censure sur les êtres ou les animaux. A cet égard, notons un joli parallèle entre le peuple indigo et l’esclavagisme noir au XVIIIème siècle.

 

Bref, tout coule avec aisance et sans temps mort. Why not ?

 

L’avis de Sophie Hérisson, qui m'a donné envie au départ. Merci !

 

samien