Châtillon, 1453. Ysée, douze ans, vit avec sa nourrice Perrenote et ses cinq frères adoptifs qui l'adorent. Malicieuse voire garçon manqué, la toute jeune fille envisage plusieurs avenirs : chef de guerre, princesse, guérisseuse comme Perrenote, ou encore soigneuse d'animaux. Las ! Le maire de la ville veut la demander en mariage auprès de ses tutrices légales, des Bénédictines d'un couvent voisin. Les soeurs acceptent. Ysée, qui met un certain temps à comprendre la situation, se rebelle immédiatement et violemment, jusqu'à mettre en danger sa mère, accusée de sorcellerie. Elle décide alors de se rendre aux religieuses... mais profite de son houleux séjour au couvent pour essayer de percer le mystère de sa naissance.

Oui, c'est grandement classique, rédigé au passé avec un narrateur externe, découpé en parties et chapitres bien sages. Non, il n'y a pas d'énormes surprises dans ce gros roman pourtant d'aventures. Mais après tant d'années d'écriture dans le domaine de la fiction historique, Evelyne Brisou-Pellen a acquis une aisance, un naturel qui font que (généralement) chacun de ses ouvrages compose une douce et suave madeleine. Et puis, elle sait composer des personnages féminins immédiatement lisibles, proches. Ysée, on a envie autant de la prendre dans nos bras que de lui mettre un peu de plomb dans la cervelle.

D'un point de vue historique, le Haut Moyen-Age est reconstitué dans ses grandes composantes : la cité, la noblesse, la religion... manque peut-être la paysannerie. Pas de notes de bas de page, l'auteure intègre toute explication dans le fil coulant du texte. Le jeune lecteur ne manquera d'ailleurs pas de hausser le sourcil en apprenant que l'âge légal du mariage pour une fille à cette époque était de douze ans...

Quid des péripéties autour d'Ysée ? On tourne autour de la question centrale de l'ascendance de l'héroïne, on brode avec une amourette à venir, on solidifie grâce à l'amour maternel et fraternel, on intensifie dans des querelles d'argent et de pouvoir... Sans saturation, le roman rebondit non pas avec une légèreté, mais une souplesse vive qui font oublier toute invraisemblance.

Bref, on trouverait difficilement une faille à ce premier tome bien rodé, un plaisant moment de lecture. Même, Fantasia aimerait déjà savoir la suite, prévue en novembre 2011.

 

Le Reliquaire d'argent (Ysée, tome 1)

D'Evelyne Brisou-Pellen

Bayard jeunesse – avril 2011

12,90 euros

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