Seuls dans la ville entre 9 h et 10 h 30

De Yves Grevet

Syros – avril 2011

13,90 euros

 

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Fantasia ne peut pas être la meurtrière ; elle a un alibi en béton.

Entre 9 h et 10 h 30, tous les matins sans exception, elle fait sa toilette au soleil après le petit déjeuner...

 

Décidé à ne pas se laisser porter par le succès de Méto (Syros, 2008 à 2010), Yves Grevet s’essaie à un genre complètement différent, le roman policier. L’idée de départ est jubilatoire : le meurtre d’un notaire a lieu au moment où les élèves d’une classe se promènent dans la ville, afin de réaliser une composition écrite libre. Erwan a l’idée de trouver le coupable en lisant et analysant les copies de ses camarades. Aidé de la jolie et futée Cassandre, il se lance donc dans l’enquête entre deux révisions du bac de français.

 

Yves Grevet a bien du s’amuser à écrire toutes ces dissertations scolaires ! Poésies lyriques ou inventaires à la Perec, fantasmes ou fantastique, absolument tous les styles y passent, commentaires de la prof inclus. Le récit lui-même est porté par Erwan, ado sympathique à la psychologie ordinaire ; sa particularité principale est d’appartenir à un club de mangeurs de gâteaux… Cassandre est sans doute davantage pétillante, audacieuse, mais elle tient très bien sa place simplement à côté du narrateur. La relation entre les deux jeunes gens se pique d’un côté Roméo et Juliette version classes sociales, et les voir déjouer les surveillances de leurs parents respectifs est souvent drôle. Quant à l’énigme autour du meurtre, je l’ai trouvée bien ficelée, classique avec ses fausses pistes et sa conclusion inattendue. Rythmée avec soin, l’écriture est d’une qualité irréprochable et d’un humour fin – peut-être un brin trop sage pour des lycéens de 16/17 ans ? En effet, l’ouvrage se lit facilement dès 11 ans.

Ce qui n’empêche que j’ai vraiment beaucoup aimé, dans un style non pas « je dévore parce que je veux savoir la fin », mais plutôt « je savoure et je prends mon temps parce que je m’amuse bien ».

 

En un mot, une lecture originale, intelligente, accessible, qui s’échappe agréablement du roman policier habituel ! Yves Grevet n’a pas dit son dernier mot…

 

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L'auteur a pensé à tout, y compris un plan pour repérer les élèves dispersés dans les rues et reconstituer le parcours du notaire assassiné... des petits détails qui réjouissent !



 

Merci aux éditions Syros pour cette promenade matinale mouvementée !