Quatre nouvelles composent ce court recueil (120 pages) :

Comme des Trains dans la nuit

Fils d’agriculteurs, Marco est en internat pour un BEP mécanique auto. Il se lie d’amitié avec Ryan, qui l’entraîne dans des virées en voiture, puis dans des volutes de cannabis, et enfin dans des incendies volontaires de granges…

Loin des Hommes

Tony et Naïma se connaissent depuis l’enfance. Amoureux transi, le brave Tony invite la jeune fille à un pique-nique, puis l’entraîne dans une nuit magique dans un parc animalier…

Nirvana

Deux jeunes en errance dans Londres apprennent le suicide de Kurt Cobain. Pour eux, c’est le drame. Hébétés, ils entrent par hasard dans un musée où une marine de Constable et un paysage de neige de Turner leur redonnent confiance en la vie…

La Forge

Julien est en vacances dans la riche propriété agricole tenue d’une main de fer par son oncle. Il voit bien le malaise de sa cousine Christine, l’indolence de sa mère et sa tante… et découvre le terrible et honteux secret de famille. Nous sommes en mai 1968, Julien et Christine s’enfuient à Paris.

A priori, les histoires n’ont rien à voir entre elles : des époques différentes, des personnages issus de classes sociales diverses, la ruralité aussi bien que la grande ville, etc. Trois d’entre elles utilisent le « je », pour renforcer une sensation d’intimité urgente, et aussi pour dévoiler petit à petit les événements, au rythme du narrateur, jusqu’à la fin brutale -mais toujours positive. Seule la nouvelle la plus douce, Loin des Hommes, emploie la troisième personne : il s’agit là de laisser aux jeunes amants leurs secrets… L’écriture peut se faire crue (Comme des Trains dans la nuit), poétique (Loin des Hommes), fébrile (Nirvana), user du présent comme du passé selon qu’elle veut choquer ou non. Bref, Anne Percin invente et s’adapte à son intrigue avec une facilité, un talent remarquables.

Sous cette diversité cependant, une constante : les nouvelles mettent toutes en scène des héros adolescents qui se cherchent, qui tentent de se construire, qui ont une furieuse envie de vivre et de croire en la vie. Plus ou moins heureusement, chacun dépassera le poids du passé familial, de la mort symbolique ou de l’influence néfaste, et se dirigera sans faillir vers un avenir aux possibilités somme toute multiples.

Un ouvrage qui fuse tel un TGV, qui touche à la façon d’un riff libérateur... et qui trotte pour longtemps dans la tête.

Comme des Trains dans la nuit

D’Anne Percin

Rouergue – collection DoADo – janvier 2011

9,50 euros

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