Nous sommes en 1980 à Barcelone. Le narrateur, Oscar, est un adolescent en internat. Lors d’une échappée dans la ville, Oscar rencontre la jolie Marina et son père German. Ils habitent une vieille maison en ruines, et vivent dans un luxe disparu. En arpentant cette partie quasiment abandonnée de la ville, Oscar et Marina vont mettre à jour un mystère passé, celui du riche Mihaïl Kolvenik qui voulait défier la mort. Petit à petit, les jeunes gens remontent le fil de la vie tragique du génial Kolvenik… Mais Oscar sera finalement rattrapé par un drame bien plus proche de lui.

Je n’avais jamais rien lu de Carlos Ruiz Zafon, même pas le fameux Jeu de l’ange (R. Laffont, 2009). Marina serait le troisième tome d’une tétralogie dédiée à Barcelone et la littérature. J’ai découvert un auteur foisonnant, baroque, qui imbrique à plaisir les récits les uns dans les autres. L’enquête des deux jeunes gens procède en sautant de témoin en témoin grâce à de subtils indices. Un personnage raconte alors l’histoire d’un autre personnage, l’histoire du premier personnage étant à son tour racontée plus loin par un nouveau personnage… Le lecteur est embarqué dans des aventures improbables, effrayantes, envoûtantes, un tantinet gothiques. Ce n’est pas le style d’écriture que je préfère, mais il faut reconnaître la fougue expansive de Zafon. Le narrateur, dont les origines restent assez obscures, s’avère attachant en ce qu’il se laisse traverser par la sensibilité de ceux qui l’entourent : il est un jeune homme sentimental, instinctif, mais encore solide, qui saura continuer son chemin après Marina.

Le roman paraît en même temps en littérature jeunesse chez Pocket et en littérature générale chez Robert Laffont. A mon sens, il a bien plus à faire avec le dernier éditeur : il ne suffit pas d’introduire des héros de moins de vingt ans et de placer quelques événements morbides pour séduire le lectorat adolescent…

 

Marina

De Carlos Ruiz Zafon

Traduit de l’espagnol par François Maspero

Pocket jeunesse – janvier 2011

19 euros

     La couverture de Marina chez Pocket jeunesse :

une très jeune fille s'éloigne de nous, vers un chemin éclairé. Un mystère, mais de la vie.

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La couverture de Marina chez Robert Laffont :

une vieille maison de pierre, effrayante et abandonnée. Plus d'atermoiements !

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