Philibert est coincé tout le mois d’août à la montagne, entre son père et la nouvelle copine de ce dernier. Pour échapper aux randonnées, il accepte de garder Poupoune, le gros chat adoré d’une autochtone qui doit s’absenter. Au début, tout se passe bien, d’autant plus que la maîtresse de Poupoune a absolument tout prévu. Mais Philibert va commettre une erreur fatale…

Amis des animaux, passez votre chemin... Amateurs d’humour grinçant, précipitez-vous sur ce petit livre ! En bon adolescent pas content, Philibert évoque d’abord longuement ses relations avec son père divorcé et Magali, « la blonde ». Pince-sans-rire, il se moque de sa propre situation entre le minuscule studio et les éternelles balades escarpées. Il raconte ensuite avec une bonhomie très amusante sa première surprise face à la maîtresse de Poupoune (exagérément attachée à son félin), et la façon soigneuse dont il va s’occuper de la bête. Puis survient brutalement le drame, la panique, et, pour Magali, l’occasion de gagner la confiance de Philibert. C’est rythmé comme une petite tragédie, écrit à la manière pinçante et précise de l’auteur. Cécile Chartre sait se glisser spontanément dans la tête de son jeune héros, exprimer sans surcharge ses sentiments contradictoires, ses petites faiblesses et ses grandes envies, et encore révéler d’un regard aussi juste que drôle les travers des adultes. Il y a toujours quelque chose qui fait mouche, qui fait mal dans ses romans, comme s’il fallait s’approcher d’un fond pour mieux rebondir vers l’envie de vivre et de croquer l’avenir. Un roman extrêmement original dans sa thématique, délicieusement doux-amer dans la forme !

Petit Meurtre et menthe à l’eau

De Cécile Chartre

Rouergue – collection DacODac – janvier 2011

6,50 euros

                  

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Fantasia le répète : Poupoune est un martyr de la cause littéraire !

« Sur la photo, je distinguais une grosse masse poilue, vautrée sur un canapé. Ca avait l’air énorme, vu d’ici. Je n’arrivais pas à savoir de quel animal il pouvait bien s’agir. Un blaireau, ou peut-être un petit marcassin. » (p. 30)

Elle songe à un collectif 'Sauvez Poupoune'...