C'est Alice qui raconte, au fil de ses pensées, en des phrases tantôt courtes et cinglantes, tantôt longues, dérivantes. Elle raconte des événements passés, au collège, autour du mal nommé Johnny Beaumont. Ce roux à lunettes mal fagoté et souffre-douleur de la classe a eu le malheur de tomber amoureux d'Alice, ado pas méchante mais sensible à la pression du groupe. Sans le vouloir, la jeune fille s'est donc retrouvée au centre d'un drame dont on pressent l’issue le long des 60 pages de la longue nouvelle, mais qu'on découvre malgré tout avec effroi. Le ton est fort, vivant, percutant dans ses expressions : "Je ne sais pas comment on décide de la longueur des chapitres dans un livre, mais dans la vie, ça se fait tout seul." (p. 18). Ecriture travaillée et intrigue tendue sur un fil : deux qualités menées à un haut niveau qui font tout le plaisir de lecture de cette fiction (on espère) pour les grands.

Johnny

De Martine Pouchain

Sarbacane – collection Mini-romans - septembre 2010


johnny